Retrouvez la première partie de l’article 1 sur le blog par ici.

Une fois tout ceci posé, je me suis posée pour la première fois de ma vie professionnelle la question suivante : quelle place économique j’ai envie de choisir ?

…ET LA PETITE FILATURE A CHOISI DE TISSER SON HISTOIRE DE MANIÈRE INDÉPENDANTE MAIS PAS SEULE…

En effet, pour la première fois, j’avais envie de choisir ma place économique dans la société. Je ne voulais plus choisir entre la famille et le travail. Je souhaitais un statut qui me permette de poser à égalité le travail, les enfants, les amis, la famille, mon chéri dans mon emploi du temps. J’avais envie de vivre une vie complète, avec une place pour tout, et ne pas avoir des choses qui passent au second plan faute de temps. Ma réflexion économique est de penser que tout à une valeur équivalente.

Alors, j’ai commencé à rencontrer des personnes qualifiées pour réaliser mon souhait.

Je ne voulais pas être une micro-entreprise (même si fiscalement, c’est intéressant les trois premières années) parce que j’aurais été une entreprise, idée paradoxale aux valeurs que je souhaite transmettre et vivre au sein de mon espace d’accompagnement à la formation.

Je ne voulais pas non plus monter une association loi 1901, sachant qu’il y aurait eu un bureau associatif qui aurait décidé pour des salariés. Or, je souhaite un fonctionnement horizontal, sans qu’il y ait des personnes qui prennent des décisions pour d’autres, malgré toutes les bonnes intentions possibles.

Puis, à force de tâtonnement, j’ai découvert la coopérative d’activité et d’emploi CAE. Je reprends les termes de la CAE Coopaname que je trouve particulièrement bien choisis : « […] Multi-activité et ouverte, Coopaname propose à tout travailleur et toute travailleuse, qu’elle soit graphiste ou rempailleur de chaises, consultante ou e-commerçant, développeur informatique ou magicienne, d’intégrer librement la coopérative, d’y apporter son savoir-faire et d’y développer, de manière autonome, une activité économique qui lui permettra de s’y salarier et d’y bénéficier d’une protection sociale. En d’autres termes, un cadre collectif où chercher ensemble les moyens de vivre décemment de ce qu’on aime et sait faire au rythme qui nous convient. Refusant l’idée que la coopérative serait un simple sas avant l’entreprise individuelle, Coopaname a vite adopté un positionnement critique de ce mode d’entrepreneuriat pour parvenir à un projet clair qui s’ancre profondément dans l’histoire de la coopération, assume sa dimension politique et sa démarche expérimentale. […] Ensemble, nous construisons une entreprise commune, démocratique et exigeante, pour se donner davantage de protections collectives (droit du travail, formation professionnelle, mutualisation des risques, solidarités sociales) et de potentialités de coopération. Toutes choses qui leur permettent d’exercer leur(s) métier(s) dans de bonnes conditions économiques, sociales, éthiques […] Ni dépendants, ni indépendants, les coopérateurs et coopératrices inventent au quotidien un cadre original où le rapport au travail est fondé sur un lien social et non sur un lien de subordination ou un rapport commercial. Ce cadre trace les contours d’une nouvelle forme d’organisation : la « mutualité de travail ». J’ai totalement adhéré à la CAE Odyssée Création qui est la CAE de la région Centre-Val de Loire.

Mais se pose alors le questionnement suivant : comment monter son espace d’accompagnement à la formation dans le champ de l’éducation populaire politique festif seule ?

C’est un milieu qui ne fonctionne qu’en réseau, en partenariat, qui promeut la force du collectif. Et je suis tout à fait convaincu de tout ceci. Alors comment travailler seule ?

Pour démarrer cette aventure, j’avais envie d’être indépendante. J’avais envie de prendre le temps de choisir les personnes avec qui je souhaite travailler et que ces personnes me choisissent. J’avais envie de créer mon propre réseau d’acteurs de confiance. Qu’ils soient éducateurs-trices populaire, aujourd’hui n’est pas pour moi l’essentiel. J’avais envie aussi de sortir de l’idée de « l’entre soi », conception réductrice de l’éducation populaire, or, je constate tous les jours cet effet.

Le choix d’être en CAE est de travailler, de partager avec des personnes qui ne connaissent rien à ce que je transmets au quotidien. Ce choix est aussi de pouvoir ouvrir grand les portes de l’éducation populaire politique festive à des milieux a priori éloignés de cette histoire et de cette démarche. L’idée est d’explorer des chemins jusqu’à inconnus.

La petite filature n’est qu’au début de sa réalisation…je vous donne rendez-vous le mois prochain pour prendre le temps d’explorer le concept que j’ai inventé cet été : l’éducation populaire politique festive

Au plaisir de vous retrouver

Hélène HAGEL pour La petite filature

Novembre 2017, Vilnuis, Lituanie

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