Le conseil de vie locale est une instance de démocratie participative instaurée par la loi n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité. Son objectif est de favoriser la participation des habitants à la vie politique locale en permettant de faire remonter les volontés auprès des élus. Nous sommes allés rencontrer les 4 conseils de vie locale de la ville de Tours. Ces derniers sont constitués de 4 collèges : habitant, élu, services publics et association.

 

Une efficacité mésestimée

Souvent rabaissé au rang de réunions vieillissantes sur des thèmes dérisoires comme les “crottes de chiens”, le conseil de vie locale est une instance méconnue et sous estimée. Cette dernière est efficace dans son périmètre de proximité, échelle la plus proche des habitants et de leurs besoins. De nombreux projets fleurissent et naissent d’une volonté citoyenne forte. Comme nous l’explique Bruno Olivier, citoyen co président du conseil de vie locale Est “on a la capacité d’organiser des groupes de travail. On peut apprendre à travailler en commun, développer des projets, les transformer en budget et les travailler en conseil. Globalement, on arrive à retrouver une diversité d’acteurs”. En somme, c’est un lieu d’expression et de débat puisqu’au delà d’une logique institutionnelle, c’est un lieu d’apprentissage du local.

 

Une instance participative à part entière

Le conseil de vie locale n’a rien à envier aux autres instances participatives locales comme les conseils citoyens et les conseils de développement. En effet, ils ne sont pas comparables. Le conseil citoyen se développe dans les quartiers politiques de la ville sous l’impulsion et la gestion d’une structure porteuse. Il n’est donc pas dépendant des élus locaux. Le conseil de développement est actif, lui, à l’échelle de la métropole. Il constitue une instance de réflexion sur une échelle plus grande. Vous pouvez d’ailleurs retrouver des articles sur le blog qui vous en apprendront plus sur ces deux autres instances démocratiques locales.

 

Des passerelles possibles entre instances locales ?

Le conseil de vie locale de la ville de Tours est attaché à développer des liens avec les autres instances locales. Il s’avère en effet que certains membres se retrouvent dans plusieurs instances. Ainsi, des passerelles se développent et trouvent leur légitimité pour se découvrir et partager des expertises.

 

Un conseil de vie local représentatifs des obstacles globaux

Comme beaucoup d’autres, les conseils de vie locale de Tours font face à des obstacles qui remettent en cause leur efficacité. Au delà de la mésestime, les budgets d’investissement sont réduits et ne permettent pas de répondre à toutes les demandes formulées par les habitants. La question est de savoir comment toucher les personnes qui ne viennent pas ou repartent trop rapidement. A l’inverse, d’autres sont présents depuis longtemps. Ainsi comme nous l’explique M. Aluchon, élu du conseil de vie locale Est “il n’y a pas de solutions miracle, il faut du travail et de la communication pour attirer plus de personnes et notamment des jeunes”. Il s’avère que les agendas des habitants et ceux des élus ne correspondent pas et il reste difficile de mettre en place beaucoup de réunions pour avancer concrètement. Ainsi, il faut du temps et de la patience entre la réflexion sur un projet et sa mise en place. Ce qui explique que des personnes en attente de concret se sentent frustrées.

 

Pour autant, assiste-t-on à un épuisement des conseils de vie locale ?

Il y a un épuisement de certaines personnes qui ne souhaitent pas ou plus s’inscrire dans la vie politique locale ou des volontaires qui ont le sentiment qu’il faut des compétences et une expertise thématique. Il reste cependant une volonté de renforcer les projets existants et d’en développer d’autres pour faire remonter des volontés de citoyens vers les maires. Deux avancées positives méritent d’être citées : le tirage au sort, car cela a permis de retrouver de nouvelles personnes dont quelques unes sont restées et la co-présidence composée d’un élu local et d’un habitant.

Malgré les difficultés quotidiennes, découvrons certains membres qui ont choisi de rester.

En effet Mr Aluchon élu comme adjoint de quartier nous explique : “j’aime les gens, les habitants. Je rencontre et j’aime ma ville. Je me sens pris en compte par le maire, même si ce sont, certes, des petits projets. Ça permet de relayer des informations au maire. Ainsi, lors les commission, les élus sont informés”. M. Cavalier quant à lui, “depuis longtemps il travaille sur la concertation avec un intérêt pour les conseils de vie locale. Il aime le contact et la création avec les citoyens”.

 

Et concrètement on y fait quoi ?

De nombreux projets se développent et voient le jour dans les quatre conseils de vie locale de la ville de Tours. C’est le cas de ce café citoyen sur le thème du “bien vieillir ensemble” qui a eu lieu le 29 septembre 2016. Ou encore de ce projet impulsé par le conseil de vie locale Nord sur des actions de santé afin que la population soit informée des pôles santé de la ville. En parallèle, le conseil de vie locale de Tours Est se lance dans l’aventure numérique avec la mise en place d’un groupe de travail pour tester un outil collaboratif : Agora Project.

 

Finalement, le conseil de vie locale est une instance démocratique locale qui ne peut fonctionner sans implication citoyenne et politique.

 

Pour en savoir plus :

http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/Economie-social/n/Contenus/Articles/2016/09/27/SOCIETE-Un-cafe-citoyen-autour-du-bien-vieillir-ensemble-2851987

http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Communes/Tours/n/Contenus/Articles/2016/04/30/Conseil-de-vie-locale-les-actions-sante-2701141